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7 Femmes Amérindiennes qui ont marqué leur époque

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Squaws? Ou femmes libres, émancipées et puissantes? Les Femmes Amérindiennes intriguent. Souvent auréolée de mystères mais aussi de stéréotypes, leur vie soulève en nous interrogations et curiosité. Quels rôles occupaient-elles au sein de leur tribus, quelles étaient leurs fonctions? Levons le voile sur un mode de vie et des rites en voie de disparition, des coutumes presque disparues. L'occasion de redonner à ces femmes négligées par l'Histoire la place qu'elles méritent.

En ce jour du 8 mars où l'on célèbre la "Journée Internationale pour les Droits des Femmes", il me semble intéressant dans un premier temps de faire un focus sur le terme Squaw et de ses différentes significations.

Puis dans un second temps, notre attention sera portée sur le rôle des femmes indiennes dans les tribus nord-américaines. Même s'il est difficile de faire des généralisations sur les sociétés autochtones puisque les Premières Nations étaient composées de plus de cent cultures distinctes, la plupart des tribus partagent une caractéristique commune à la culture amérindienne favorisant l'égalité des sexes.

Enfin dans un troisième temps, tu pourras découvrir (ou re-découvrir) le portrait de 7 femmes amérindiennes qui ont marqué le continent américain et leur époque à leur façon.

Tu veux en savoir plus? C'est parti!

 

Femme amérindienne squaw

  femme indienne squaw

Un grand débat entoure les origines et le sens à donner à ce mot: Squaw.

Pourquoi le mot "squaw" est-il si offensant ? Est-ce qu'il signifie femme, épouse, prostituée ou vagin ?

Aucune de ces réponses. "Squaw" n'est pas un mot indien. Il a probablement été créé de toute pièce par les premiers colons européens qui auraient mal interprété ce qu’ils avaient entendu. Dans les langues algonquiennes, parlées sur la côte Est et qui ont été les premières à être rencontrées par les envahisseurs Européens, de nombreux noms féminins se terminent par un suffixe avec un son "kw" ou "skw".

Par exemple, en Meskwaki-Sauk, Thakiwakwe (féminin de Thakiwa) signifie une femme Sauk ; en Micmac, Muwineskw (féminin de Muwin) signifie une ourse ; et dans la langue Abénakise, Cimakskwa signifie Mme Cimak. Mais si les Européens pensaient que "skwa" ou "kwe" signifiait "femme", ils se trompaient. C'est juste un suffixe, comme le "-ée" à la fin d’un mot en français pour désigner le féminin.

En soi, "squaw" ne signifie rien dans aucune langue algonquienne vivante et aucun indien ne l'utiliserait pour se désigner, pas plus qu'une femme française ne se désignerait comme une "ée". (Les mots pour "femme" dans les trois langues énumérées ci-dessus sont ihkwewa, epit et behanem, soit dit en passant).

À l'arrivée des européens, les colons devaient utiliser le mot "squaw" (aussi écrit "squáas" ou "sqwa") pour simplement désigner la femme amérindienne. Puis avec le temps, "squaw" a fini par avoir un caractère péjoratif. Utilisé comme un objet de dénigrement, ce terme évoque "un être humain de deuxième catégorie qui équivaut à une putain". C'est dire toute l'estime que l'on avait pour les femmes des communautés autochtones, c'est dire le racisme et la misogynie d'un terme tout aussi discriminatoire que "négresse".

Comme "nègre", le mot "squaw" devrait être retiré de l'usage public.

 

Le rôle des femmes indiennes d'Amérique du Nord

  femmes amérindiennes

 

Il existe un dicton cheyenne traditionnel qui est toujours d'actualité pour de nombreux Amérindiens :

"Une nation n'est pas conquise tant que le cœur de ses femmes n'est pas à terre."


Alors que les femmes amérindiennes ont pris une raclée - au sens propre comme au sens figuré - depuis la conquête européenne de l'Amérique amérindienne, le cœur des femmes bat encore.

 

1. Femmes amérindiennes: les piliers d'un système

mère universelle

Dans la religion et les mythes sacrés des Sioux Lakota, le Soleil (le Père universel) et la Terre (la Mère universelle) étaient les symboles parentaux de toute la vie organique et les principaux éléments de la création du Grand Esprit.

Dans de nombreuses cultures amérindiennes, les femmes étaient considérées comme des extensions de la Mère spirituelle, et donc considérées comme indispensables à la survie de leur communauté. La gente féminine est importante pour toute société puisque les femmes sont porteuses d'enfants et donc garantes de la survie de l'espèce. Mais pour les tribus amérindiennes, les femmes avaient de nombreuses autres responsabilités majeures.

De nombreuses civilisations amérindiennes, telles que les Iroquois, étaient matrilocales (où l'époux réside dans la localité d'origine de sa femme) et matrifocales (système d'organisation familiale, centré sur la mère et la famille maternelle), ce qui signifie que les sociétés se concentraient sur les femmes mais n'étaient pas entièrement régies par elles. En outre, certaines sociétés étaient considérées comme gynocentriques (mode de pensée qui valorise les femmes et le point de vue féminin).

Les tribus indiennes des plaines étaient davantage dominées par les hommes. Mais les tribus des Plaines d'avant la création des réserves avaient encore du respect et honoraient leurs femmes, et les femmes étaient souvent au cœur de la culture de leur tribu.

 

2. Les femmes autochtones et le travail

le travail des femmes amérindiennes

La division du travail entre les sexes se faisait généralement dans le cadre d'une coopération - et non, généralement, par un arrangement oppressif - où chaque sexe s'engageait dans le travail qu'il croyait être le plus capable de faire.

Cependant ces rôles n'étaient pas gravés dans le marbre, les rôles des femmes étant souvent considérés comme complémentaires aux activités des hommes.

Selon les tribus, les femmes fabriquaient de nombreuses armes utilisées pour la chasse et la guerre. Elles construisaient également les maisons dans lesquelles elles vivaient, ramassaient du bois de chauffage, ainsi que des herbes pour la médecine, et pratiquaient la cueillette des noix et des baies pour subsister.

Dans de nombreuses tribus, les femmes amérindiennes s'occupaient également de l'agriculture et cuisinaient les denrées que les hommes rapportaient de la chasse. Certaines tribus disposaient également de femmes guérisseuses à l'instar des hommes guérisseurs, et certains croyaient même qu'elles possédaient un pouvoir de guérison plus fort, et que leurs chants emplis de spiritualité et leurs remèdes à base de plantes étaient beaucoup plus efficaces.

 

amérindienne au travail

 

Les femmes des peuples amérindiens étaient également responsables de toutes les autres tâches quotidiennes qui étaient essentielles à la survie des tribus, comme par exemple aller chercher de l'eau dans les ruisseaux et rivières avoisinants.

Elles confectionnaient également tous les vêtements que portaient les Amérindiens, qu'elles assemblaient à partir des peaux des animaux que les hommes amérindiens avaient chassé sur leurs territoires. Elles décoraient ensuite une grande partie des vêtements ainsi fabriqués avec différents motifs de perles et de plumes.

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Bien que dans certaines tribus, les femmes n'aient pas été autorisées à participer à certaines cérémonies spirituelles, elles ont toujours occupé d'autres postes importants.

Une autre raison pour laquelle les femmes amérindiennes sont reconnues est leur incroyable et magnifique artisanat. Les objets artisanaux du peuple indien qu'elles fabriquent  sont devenus des formes d'art très populaires dans le monde entier. Les couvertures matelassées et tissées à la main, les colliers de perles colorées, les poteries façonnées et peintes à la main, les attrapes-rêves tissés et confectionnés avec des matériaux naturels font partie des œuvres pour lesquelles elles sont les plus réputées.

 

3. Les rôles sociaux des femmes dans la tribu

femme guerriere

S'il existe des rôles variés et socialement acceptés pour les femmes, il y a aussi
des témoignages de femmes qui ont mis de côté les rôles sexués attendus et qui sont devenues des "femmes guerrières". Certaines sont même devenues Cheffe.

Les preuves étant particulièrement rares concernant la vie quotidienne et les responsabilités des femmes, des chercheurs ont fait, dans une certaine mesure, des suppositions sur les femmes autochtones. En effet, peu de choses ont été publiées à leur sujet, si ce n'est des récits ethnocentriques produits par des hommes blancs.
Ces récits dépeignaient souvent les femmes autochtones comme étant soit la "princesse", soit la "prostituée" - la "toujours aimable et belle".

La plupart de ces hommes blancs n'ont pas réussi à déceler le réel pouvoir que les femmes des Plaines détenaient dans leur propre culture.

Avant le contact avec les Européens, la plupart des cultures des peuples autochtones mettaient l'accent sur "l'interaction dynamique et dyadique des deux sexes dans l'entreprise permanente qui permet aux sociétés indigènes d'exister". Les femmes et les hommes se partageaient souvent de manière égale les rôles sociaux, économiques et rituels.

Dans la plupart des groupes amérindiens, les femmes indiennes jouissaient d'une plus grande autonomie économique, sociale et politique que les femmes coloniales. Elles avaient souvent le dernier mot lorsque le conseil des guerriers était en désaccord: elles pouvaient par exemple empêcher la tribu de partir en guerre en refusant de fournir des rations. Elles pouvaient même prendre des décisions concernant les captifs.

 

4. Le déclin après la venue des envahisseurs

femmes amérindiennes déclin

La conquête européenne des terres amérindiennes a non seulement annihilé le droit des peuples autochtones mais a aussi modifié le rôle des femmes au sein de leurs tribus.

Au XIXe siècle, les femmes ont été contraintes de devenir économiquement dépendantes des hommes dans les tribus qui se livraient au commerce des fourrures. En général, leur statut a décliné, et il est devenu plus vulnérable face aux intérêts et aux machinations des hommes.

Les systèmes sociaux autochtones qui avaient été couronnés de succès ont été démolis et remplacés par un modèle européen au nom du changement. La pression de l'assimilation a conduit à de nouvelles normes sexuelles. Et les comportements et les attentes dans le cadre d'une politique européenne globale de l'éducation, avec la création de pensionnats, n'ont pas tenu compte des différences entre les tribus autochtones.

 

amérindiens et colons

 

Les relations interpersonnelles entre les sexes ont été remplacées par des rôles plus divergents : la forge et l'agriculture ont été enseignées aux hommes (et les rôles masculins de guerriers et de chasseurs ont été rejetés) et les femmes ont appris à se concentrer simplement sur le ménage et l'éducation des enfants (et ont perdu le respect en tant que dirigeantes et décideuses).
En imposant une séparation des sexes, les Européens ont induit une "subtile subordination" imposée aux femmes.

L'éthique chrétienne du patriarcat avec un dieu unique masculin et un modèle de parenté patrilinéaire avec l'imposition du nom de famille paternel ont pratiquement éclipsé l'autonomie des femmes autochtones.

Mais dire que tous les hommes autochtones se sont conformés à la perspective anglo-saxonne stéréotypée des femmes est une grave erreur. Beaucoup d'hommes sioux respectent encore les anciennes traditions tribales et la complémentarité des sexes. En fait, certains sont tellement pro-femmes qu'ils poussent leurs filles vers des rôles de direction.

 

5. Survie et combats des femmes amérindiennes

survie des femmes amérindiennes

La santé et l'état mental des femmes autochtones sont bien pires que ceux des femmes non autochtones parce que les femmes du peuple amérindien vivent sous de multiples oppressions : être une femme, vivre souvent dans la pauvreté, et le fait d'être une minorité "enfermée" dans une réserve indienne.

Les amérindiens sont également confrontées à un manque de ressources pour les aider à faire face aux problèmes de santé mentale dont ils sont victimes, notamment en ce qui concerne les troubles de personnalité, l'alcoolisme, les psychoses, la toxicomanie et le suicide.

Les filles autochtones sont une population vulnérable - les adolescentes ont six fois plus de chances d'être abusées sexuellement que les hommes. Eux sont plus susceptibles de souffrir de dépression, d'envisager le suicide et deviennent souvent dépendants et abusent de l'alcool.

Les Amérindiens connaissent le taux de violence le plus élevé de tous les groupes aux États-Unis et la violence à l'égard des femmes amérindiennes est une preuve éclatante du déclin du statut des femmes dans leurs tribus depuis le contact avec l'Europe. Ces "maux sociaux" étaient pratiquement inédits parmi les tribus dans le passé, lorsque le respect des femmes était au centre d'une culture.

Un rapport américain du ministère de la justice intitulé "Les Indiens d'Amérique et le crime" a révélé que les femmes amérindiennes sont victimes de crimes violents trois fois et demie plus souvent que la moyenne nationale - et ce nombre pourrait être beaucoup plus élevé puisque environ 70 % des agressions sexuelles ne sont pas signalées.

 

6. Ne plus se contenter d'être considérée comme la princesse indienne

survie et dignité des femmes amérindiennes

Il y a chez les femmes amérindiennes une force vitale ! Les hommes se sont vus comme des battus, des bons à rien qui sont tombés en déchéance, drogue, crime et autres maux. Chez elles au contraire, il y a cette force qui les a amenées à reprendre les choses en main, à ne pas laisser leurs hommes et leurs fils dans une telle déréliction. C’est un sursaut féminin de survie et de dignité.

Tel ce grand tableau attrape-rêves représentant un phoenix renaissant de ses cendres, ces femmes n'abandonnent pas. Les universitaires amérindiennes commencent à s'exprimer, les avocates amérindiennes commencent à se battre pour les droits des femmes, et la prise de conscience de leur situation s'accroît lentement.

Ces femmes font valoir leurs droits et leurs voix sont entendues dans leurs communautés - elles se battent pour leur terres, leur survie physique et culturelle. Les femmes autochtones sont prêtes à se battre, à aider les peuples, à faire des sacrifices, à rester fidèles et fortes, parce qu'elles savent qu'à la fin, leur cœur restera là où il doit être... au centre de leur tribu, à maintenir toutes choses ensemble.

 

phoenix amérindien

 

La poètesse Paula Gunn Allen a capturé l'esprit des femmes autochtones d'aujourd'hui - si tant est que leur esprit puisse être capturé dans un paragraphe aussi bref - quand elle dit :

"Nous survivons à la guerre et à la conquête ; nous survivons à la colonisation, aux acculturations, à l'assimilation ; nous survivons aux coups, aux viols, aux famines, aux mutilations, à la stérilisation, l'abandon, la négligence, la mort de nos enfants, de nos proches, la destruction de nos terres, de nos foyers, de notre passé et de notre avenir. Nous survivons, et nous ne faisons pas que survivre. Nous nous lions, nous nous soucions, nous nous battons, nous enseignons, nous soignons, nous supportons, nous nourrissons, nous gagnons, nous rions, nous aimons, nous nous accrochons, quoi qu'il arrive."

Véritable symbole de force et de bravoure, les Amérindiennes occupaient une place déterminante dans leurs sociétés. Loin des images d'exploitées, de violentées ou de séductrices, elles sont désormais les moteurs de la renaissance d'une culture décimée par les colonisateurs. Grâce à la force héritée de leurs ancêtres, elles se revendiquent être du peuple d'Amérique, un peuple vivant ! 

 

Femmes amérindiennes célèbres

femme amérindienne célèbre

 

Il est intéressant de savoir que certaines des grandes femmes amérindiennes ont joué leur rôle d'artistes, de guérisseuses et de bien d'autres domaines, et cela de façon très remarquable.

Pourtant, malheureusement, tu ne trouveras pas le nom de beaucoup de ces personnalités inspirantes dans la plupart des livres d'histoire !

Bien que non exhaustive, voici une liste de sept femmes amérindiennes admirables qui se sont imposées comme étant les personnalités culturelles les plus influentes à ce jour.

Tour d'horizon de ces femmes d'exception!

 

1. Pocahontas (1596 - 1617), victime d'un mythomane

pocahontas

Voici sûrement LA femme amérindienne connue sur les deux rives de l'Atlantique: Pocahontas. Célèbre pour son courage et son association avec la colonie de Virginie installée à Jamestown.

Malheureusement, une grande partie de son histoire a été modifiée et romancée au fil des ans.

Nous connaissons tous l'histoire de Pocahontas et de John Smith à travers les longs métrages d'animation de Disney. Cette courageuse amérindienne qui brave l'autorité de son père pour sauver in extremis la vie du charmant capitaine anglais dont elle tombe éperdument amoureuse... La vérité est tout autre!

 

A. La véritable histoire de Pocahontas

Pocahontas a été capturée et rançonnée par les colons lors des conflits de 1613. Pendant sa captivité, elle a été "encouragée" à se convertir au christianisme et a été baptisée sous le nom de Rebecca. Elle a épousé le planteur de tabac John Rolfe en avril 1614 à l'âge de 17 ans (et non pas John Smith), et elle a donné naissance à leur fils Thomas Rolfe en janvier 1615.

 

pocahontas vrai histoire



En 1616, les Rolfes se rendent à Londres où Pocahontas est présentée à la société anglaise comme un exemple de "sauvage civilisée" dans l'espoir de promouvoir l'investissement dans la colonie de Jamestown. Elle devient une sorte de célébrité, est fêtée avec élégance et assiste à une réception au Whitehall Palace.

En 1617, les Rolfes s'embarquent pour la Virginie, mais Pocahontas meurt à Gravesend en Angleterre de cause inconnue, à l'âge de 20 ou 21 ans. Elle est enterrée dans l'église St George, à Gravesend, mais l'emplacement exact de sa tombe est inconnu, car l'église a été reconstruite.



B. Hommages à Pocahontas

De nombreux lieux, points remarquables et produits aux États-Unis ont été nommés en hommage à Pocahontas. Son histoire a été romancée au fil des ans, et certains aspects ont été découverts comme étant probablement fictifs. Beaucoup d'histoires racontées à son sujet par John Smith (capitaine anglais des colons de Jamestown) ont été contestées par ses descendants qui étaient bien documentés.

Pocahontas fait partie des légendes indiennes les plus populaires. Elle est un sujet d'art, de littérature et de cinéma, et de nombreuses personnes célèbres ont affirmé faire partie de sa descendance par le biais de son fils, notamment des membres des premières familles de Virginie, la première dame Edith Wilson, l'acteur américain de western Glenn Strange, l'artiste de Las Vegas Wayne Newton et l'astronome Percival Lowell.

Vrai ou pas? Cela est une autre histoire...

 

2. Sacagawea (1788 - 1812), la guide omnisciente

sacajawea

C'est l'histoire d'une femme Shoshone, qui a aidé l'expédition "Lewis and Clark" à atteindre les objectifs de leur mission de reconnaissance en découvrant le territoire de la Louisiane.

Du Dakota du Nord à l'océan Pacifique, Sacagawea a parcouru des milliers de kilomètres avec l'expédition. En plus de ses services en matière de sciences de la nature, elle a contribué à l'établissement de contacts culturels avec les populations amérindiennes. On peut retrouver son nom orthographié de différentes façons: Sacajawea, Sacagawea, Sakagawea ou Sakakawea.

 

A. La véritable histoire de Sacagawea

 

 

Tu pourrais penser que tu en sais beaucoup sur les Amérindiens à travers les films et les livres. Mais il s'avère qu'une grande partie de ce que nous croyons savoir sur les figures amérindiennes célèbres n'est pas tout à fait vrai. Prenons par exemple Sacagawea.

Pour ceux qui connaissent Sacagawea, ils se souviennent d'elle comme une belle femme indienne qui a vécu une vie exotique en servant de guide omniscient pour la célèbre expédition de Lewis et Clark, pas vrai? Eh bien, ça ne s'est pas exactement passé comme ça. On en sait peu sur l'enfance de Sacagawea, mais nous savons qu'elle est née en 1788 dans la tribu Agaidika de la Lemhi Shoshone dans l'Idaho.

 

sacagawea histoire

 

En 1800, quand elle avait environ 12 ans, Sacagawea et plusieurs autres filles ont été enlevées par un groupe d'Indiens Hidatsas. Elle a été faite prisonnière et emmenée dans un village Hidatsa dans l'actuel Dakota du Nord. Puis, elle a été vendue à un trappeur franco-canadien du nom de Toussaint Charbonneau. Moins d'un an plus tard elle était enceinte se son premier enfant.

Peu de temps après être tombée enceinte, un corps expéditionnaire, le "Corps of Discovery", est arrivé près des villages Hidatsa. Les capitaines Meriwether Lewis et William Clark ont bâti Fort Mandan à cet endroit-là, puis ont commencé à interroger les gens pour que ces derniers les guident dans leur expédition périlleuse.

Ils ont convenu d'engager le mari de Sacagawea, Charbonneau, étant entendu que sa charmante épouse viendrait également en tant qu'interprète. Ils pensaient que sa présence aiderait lors des rencontres avec les tribus autochtones le long du chemin. Comme Clark l'a noté dans son journal, "Une femme avec un groupe d'hommes est un gage de paix."

Peu après, Sacagawea a donné naissance à un petit garçon nommé Jean-Baptiste Charbonneau. Clark l'appelait Pompy. Elle portait Pompy sur une planche attachée dans le dos quand le corps expéditionnaire a entamé sa progression. En plus de servir d'interprète quand Lewis et Clark rencontraient des Indiens, les activités de Sacagawea en tant que membre du corps étaient entre autres de creuser pour trouver des racines, de collecter des plantes comestibles, et de cueillir des baies.

En 1805, le bateau où ils se trouvaient a chaviré. Elle a plongé dans l'eau, récupéré tous les papiers importants et les fournitures qui autrement auraient été perdus, y compris les journaux de bord et les documents de Lewis et Clark.

 

sakagawea

 

Plus tard cette année-là, le capitaine Lewis et trois hommes sont partis en éclaireurs à 120 km en avant du corps expéditionnaire, traversant la ligne de partage des eaux. Le lendemain, ils ont rencontré un groupe de Shoshones. Non seulement ils se sont avérés être de la tribu de Sacagawea, mais leur chef, Cameahwait, s'est avéré être son propre frère.

Après cinq années de séparation, depuis son enlèvement quand elle était une jeune fille, la réunion de Sacagawea et Cameahwait fut chargée d'émotion. Malheureusement, elle a dû rapidement faire ses adieux à son frère bien-aimé et continuer le voyage.

À un moment donné, l'expédition est devenue très difficile, il gelait, le groupe en a été réduit à manger des bougies pour survivre. Quand les températures sont enfin devenues plus supportables, Sacagawea a trouvé, déterré et cuit les racines pour aider le groupe à reprendre des forces.

Pendant le voyage de retour, ils ont rencontré un Indien portant une belle fourrure. Lewis et Clark voulaient rapporter ce vêtement à Thomas Jefferson (3ième président des Etats-Unis) comme cadeau, mais ils n'avaient rien à troquer. Sacagawea a alors "accepté" d'échanger son bien le plus précieux, sa ceinture perlée, contre la fourrure.

B. La postérité

Un peu plus de deux ans après le début de l'expédition, celle-ci prit fin en arrivant dans la ville de Saint-Louis.
Aujourd'hui, aux Etats-Unis, on apprend à l'école que Sacagawea était un guide héroïque, mais sa vie, comme celle de la plupart des gens, était beaucoup plus compliquée que ne le disent parfois les manuels d'histoire...

 

3. Pine Leaf (1806 - 1858), la Badass avant l'heure

pine leaf

 

Parmi les meilleurs guerriers de la tribu des Crow se trouvait Pine Leaf (Feuille de Pin en français), une amérindienne qui est également devenue Cheffe.

En 1806, elle est née dans la nation des "Gros Ventres", et le peuple Crow l'a capturée à l'âge de 10 ans. Elevée par un guerrier Crow, elle ne s'est intéressée qu'aux activités traditionnellement masculines durant ses premières années.

On lui a enseigné toutes les compétences requises pour devenir une guerrière hors pair, elle était une excellente tireuse d'élite et une cavalière émérite. Elle maîtrisait également l'art de dépecer un buffle.

Elle était bi-spirituelle (two-spirits), un terme utilisé par les indigènes nord-américains pour décrire un individu où les esprits masculins et féminins cohabitent. Pour les amérindiens il y avait au moins quatre genres différents: l'homme-homme, la femme-femme, l'homme-femme et la femme-homme. Pine Leaf appartenait à ce dernier. Cependant, contrairement aux autres Two-Spirits, notre femme chef portait toujours des vêtements féminins typiques et n'a jamais adopté les vêtements masculins.

Lorsque les Blackfoot ont attaqué son peuple, elle l'a protégé, et c'est de là qu'elle a été reconnue comme une grande guerrière. En tant que chasseuse et guerrière, Pine Leaf assistait au conseil des chefs. Lorsqu'elle monta au troisième rang du Conseil, son prestige et sa richesse augmentèrent, et elle épousa quatre femmes.

Suite au traité de Fort Laramie de 1851, elle s'engagea dans de nombreuses négociations avec les tribus du Haut Missouri et apporta la paix entre le peuple Crow et la tribu de sa naissance, les Gros Ventres. Malheureusement, après quelques années de paix, elle a été prise en embuscade et tuée par sa tribu natale.

Beaucoup d'hommes blancs qui ont rencontré Pine Leaf ont dit qu'ils n'avaient jamais vu une femme comme elle et que c'était un sentiment à la fois déroutant et fascinant. On raconte qu'elle pouvait faire naître une grande peur dans le cœur des hommes.

 

4. Susan La Flesche Picotte (1865 - 1915), la scientifique engagée

Susan La Flesche Picotte

Susan La Flesche Picotte est née dans l'Omaha en 1865.
Enfant, elle a vu mourir une femme amérindienne malade après qu'un médecin blanc local ait refusé de la soigner à cause de sa race. Cette expérience traumatisante a été si marquante qu'elle a déterminé le but et la mission de vie de Susan.

Cet événement lui a inspiré de suivre une formation de médecin pour qu'elle puisse elle-même prodiguer des soins dans la réserve d'Omaha.
Picotte est devenue la première Amérindienne de tous les États-Unis à recevoir un diplôme de médecine.

Après avoir obtenu son diplôme en Pennsylvanie en étant major de sa promotion, elle est retournée dans sa réserve d'origine et a fourni des soins de santé à plus de 1200 personnes.

Elle a contribué à lutter contre la consommation d'alcool dans la réserve où elle était médecin et a également mené une campagne de prévention et de traitement de la tuberculose, qui était alors incurable.

Après son mariage, elle s'est installée à Bancroft, dans le Nebraska, et a ouvert son propre cabinet privé.
En 1913, elle a réalisé le rêve de sa vie en ouvrant un hôpital dans la ville de Walthill, au Nebraska.

Après sa mort en 1915, l'établissement fut rebaptisé Dr. Susan LaFlesche Picotte Memorial Hospital.
Aujourd'hui, cet hôpital est un musée consacré à son travail et à l'histoire des tribus Omaha et Winnebago.

 

5. Maria Tallchief (1925 - 2013), la brillante danseuse étoile

Maria Tallchief

Lorsqu'on parle de célébrités amérindiennes, il est indispensable de connaître l'époustouflante danseuse de ballet américaine Maria Tallchief.

De son vrai nom Elizabeth Marie Tall Chief (Ki He Kah Stah Tsa pour son nom indien), Maria Tallchief est née dans l'Oklahoma (Etats-Unis). A moitié indienne de par son père, Maria Tallchief subit pour la première fois la discrimination raciale au collège, ce qui la pousse à transformer son nom de Tall Chief (Grand Chef) en Tallchief.

Elle s'installe ensuite à New York à l'âge de 17 ans pour poursuivre une carrière de danseuse professionnelle. Tallchief a été largement reconnue comme la première grande danseuse étoile d'Amérique. En outre, elle a été la première autochtone d'Amérique à obtenir ce titre suprême. Elle a révolutionné la technique du ballet par sa rapidité d’exécution et le caractère passionné de sa danse.

De plus, elle a fait le tour du monde, pour devenir la première Américaine à se produire au Théâtre Bolchoï de Moscou. Dans les années 1970, elle a travaillé pour le Lyric Opera de Chicago en tant que directrice de ballet. En outre, elle a également fait ses débuts en 1981 au Chicago City Ballet.

En 1996, elle a reçu un "Kennedy Center Honor" pour l'ensemble de ses réalisations.

 

6. Wilma Mankiller (1945 - 2010), la première femme chef de la nation Cherokee

Wilma Mankiller

Née en Oklahoma en 1945, Wilma Mankiller était une citoyenne cherokee.

Wilma Mankiller s'est installée avec sa famille en Californie à l'âge de 11 ans dans le cadre du "programme de relocalisation" du Bureau des affaires indiennes. Dès son adolescence, elle a participé au Centre indien de San Francisco, a soutenu et aidé le Black Panther Party à ses débuts. De plus, elle s'est investie dans la défense des étudiants amérindiens et a travaillé pour la réhabilitation de l'île d'Alcatraz.

En 1977, Mankiller revient en Oklahoma et s'implique dans de nombreux projets de développement communautaire au profit de ses voisins cherokees.
En 1983, elle est nommée cheffe principale adjointe de la nation Cherokee et, deux ans plus tard, elle devient la première femme cheffe principale de la nation Cherokee moderne.

Elle a notamment gouverné la deuxième plus grande tribu des États-Unis pendant dix ans. Il est important de préciser qu'elle a reçu la Médaille présidentielle de la liberté en 1998.

 

7. Ashley Callingbull-Burnham (1989 - ), La Belle et la Bête

Ashley Callingbull


Née en 1989, Ashley Callingbull fait partie des plus belles femmes amérindiennes et s'est rendue célèbre en remportant le titre de "Mrs Universe" en 2015. (À ne pas confondre avec le titre de "Miss Univers"!)

MRS Universe (Most Responsible Spouse) est un événement international et mondial combiné pour le conjoint le plus responsable et le Forum des droits de l'homme, organisé pour la première fois à Sofia, en Bulgarie en 2007. L'événement est ouvert aux femmes mariées, divorcées et veuves des nations de tous les continents du monde, qui ont entre 18 et 55 ans, ont une famille et une carrière et sont impliquées dans une "cause importante".

Callingbull dit avoir été attirée par le concours MRS Universe en raison de son thème sur la violence domestique"Je pensais que c'était une plate-forme parfaite pour moi parce que je suis en relation avec les gens, j'en ai fait l'expérience moi-même et je peux en parler", a-t-elle déclaré. Elle est heureuse de pouvoir s'appuyer sur ce titre afin d'être la porte-parole de celles qui ne peuvent pas s'exprimer et qui restent murées dans le silence.

En 2011, elle a représenté le Canada à "Miss Humanity International" à la Barbade ainsi qu'à la finale de la "Queen of the World" en Allemagne en 2010.
En outre, elle joue le rôle de Sheila Delaronde dans la série Blackstone.

Elle a utilisé sa notoriété pour militer en faveur de nombreuses questions relatives aux Amérindiens.

 

Journée Internationale pour les Droits des Femmes

femmes amérindiennes

En ce jour du 8 mars décrété "Journée internationale des femmes" (appellation officielle), certaines personnes déplorent le fait que ce jour soit régulièrement et abusivement appelé "Journée de la femme", notamment dans le marketing ou les médias. Alors que le but du 8 mars est d'informer, interpeller et sensibiliser les citoyens sur les inégalités et les discriminations que vivent encore les femmes aujourd'hui, cette transformation en "Fête de la femme" détourne l'objectif du 8 mars à l'avantage du machisme et du patriarcat.


Alors nous sommes peut-être pointilleux chez Passion Attrape Rêve, mais comme la langue a le pouvoir de faire évoluer les attitudes culturelles et sociales, l’emploi d’un langage inclusif est un bon moyen de promouvoir l’égalité de genre et de lutter contre les préjugés. Il nous tient donc à cœur de célébrer la "Journée Internationale pour les Droits des Femmes" !!


Je suis de la Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes  !

Ici Grand Manitou, si vous écoutez ce message, vous êtes la résistance !

 

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Le Grand Manitou

 

 

 

 

 

 

"Une nation n'est pas conquise tant que le coeur de ses femmes n'est pas à terre"

Dicton Cheyenne


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